Nous, Kankankais, avons aujourd’hui un club capable de rivaliser avec les meilleurs clubs de Guinée.
Ce club, c’est le Milo FC.
Et il faut avoir le courage de le dire : la transformation du Milo FC est en grande partie liée au travail et aux investissements de Sory Doumbouya.
Je ne parle pas ici de la FEGUIFOOT. Je parle de Kankan. Je parle de notre club. Je parle de ce que nous avons vu de nos propres yeux.
Nous avons grandi avec le Milo FC dans nos veines. Nous avons connu les années où le club évoluait dans les divisions inférieures, où il fallait parfois solliciter les commerçants et les bonnes volontés pour permettre à l’équipe de voyager et de continuer à exister.
Aujourd’hui, le même club est champion de Guinée, joue les premiers rôles du championnat et représente régulièrement notre ville sur la scène africaine.
Le Milo FC a représenté la Guinée en compétitions interclubs de la CAF à trois reprises : deux fois en Coupe de la CAF, en 2022 et 2023, puis en Ligue des champions de la CAF en 2024.
Prendre un club de la division nationale et l’amener jusqu’aux compétitions africaines, ce n’est pas un hasard.
Ce n’est pas venu du ciel.
C’est le résultat d’un travail sérieux, laborieux et surtout d’un investissement colossal.
Des joueurs venus d’ailleurs ont aussi changé leur vie à Kankan
Il y a un autre aspect du projet Milo qui mérite d’être souligné.
Sory Doumbouya a été l’un des rares présidents de club à prendre en charge ses joueurs sur plusieurs saisons.
Des joueurs sont venus de Conakry, de la Guinée forestière et d’autres régions. Ils ont été logés, nourris, rémunérés et accompagnés dans leur carrière.
Et derrière ces joueurs, il y a des histoires humaines.
Ousmane Condé, venu de N’Zérékoré, a porté les couleurs du Milo avant de rejoindre Leganés, puis Karviná en République tchèque.
Alhassane Bangoura et Bachir Bangoura, venus de Conakry, ont également franchi un cap après leur passage au Milo et évoluent aujourd’hui dans le Maghreb.
Abdoulaye Yonta, lui aussi venu de Conakry, évolue désormais dans le championnat tanzanien.
Récemment, Aboubacar Sidiki Bérété s’est engagé en Tunisie.
Combien de jeunes sont venus à Kankan et ont pu vivre de leur métier grâce à ce projet ?
Combien de familles ont bénéficié indirectement de ces carrières ?
Cela mérite d’être reconnu.
Aujourd’hui, certains de ces joueurs gagnent leur vie grâce au football professionnel. Et leur parcours est passé, à un moment donné, par Kankan et par le Milo FC.
Nous devons être fiers de cela.
Kankan doit encourager tous ceux qui investissent
Aujourd’hui, un autre homme fait également parler de notre ville dans le football : Docteur Ibrahima Khalil Kaba.
Avec Karfamoriah FC, il est en train de nous impressionner.
Personnellement, je salue son œuvre.
Parce que notre ville n’a pas besoin d’un seul projet. Kankan a besoin de plusieurs hommes capables d’investir dans son football.
Le succès du Milo FC ne doit pas empêcher Karfamoriah de réussir.
La réussite de Karfamoriah ne doit pas empêcher un autre club de Kankan de grandir demain.
Quand un fils de Kankan investit dans notre football, c’est Kankan qui gagne.
Mais pourquoi vouloir tout nier ?
Ce qui me dérange, c’est de voir certaines personnes qui, hier, célébraient le Milo FC et dansaient derrière ses victoires, chercher aujourd’hui à nier tout ce que Sory Doumbouya a réalisé avec ce club.
Pourquoi ?
On peut avoir un problème personnel avec lui.
On peut ne pas apprécier l’homme.
On peut avoir des divergences.
Mais pourquoi vouloir nier les résultats ?
Pourquoi refuser de reconnaître le championnat ?
Pourquoi oublier les participations africaines ?
Pourquoi oublier les joueurs valorisés et transférés ?
Pourquoi oublier les années durant lesquelles des joueurs ont été logés, nourris et payés ?
Un problème personnel ne doit pas nous faire perdre notre objectivité.
On peut ne pas aimer Sory Doumbouya et reconnaître ce qu’il a fait pour le Milo FC.
C’est même cela, être honnête avec soi-même.
Notre mémoire ne doit pas être sélective
Je ne demande à personne de glorifier Sory Doumbouya.
Je demande simplement que nous soyons capables de reconnaître les faits.
Le Milo FC d’hier n’est pas celui d’aujourd’hui.
Et cette évolution, nous l’avons vécue.
Nous l’avons vue.
Nous en avons été témoins.
Alors, pourquoi faire semblant de ne pas la voir aujourd’hui ?
Kankan doit apprendre à reconnaître ses bâtisseurs.
Hier, c’était Sory Doumbouya avec le Milo FC.
Aujourd’hui, c’est le Docteur Ibrahima Khalil Kaba avec Karfamoriah.
Demain, ce sera peut-être quelqu’un d’autre.
Mais tant que des hommes investissent leur temps, leur énergie et leurs ressources pour faire avancer notre football, nous devons savoir leur dire merci.
Parce qu’au-delà des hommes, des rivalités et des egos, il y a une chose qui devrait nous rassembler :
Kankan.
Et lorsqu’un projet fait grandir Kankan, nous devons avoir suffisamment de hauteur pour le reconnaître.
Les hommes peuvent avoir des différends. Les faits, eux, ne changent pas.

